Dernièrement j’ai eu beaucoup d’émotions comme tu le sais. Un second passage à l’hôpital, plus éprouvant que le premier. Qui m’a laissée à terre. Le coeur brisé. Avec la pente à remonter. Le retour à la maison n’a pas été facile vendredi soir. Devant ma 4 ans, faire ma forte, comme si ça allait. Malgré tous ces bleus et ces douleurs encore à vif. Pour elle. Je lui ai expliqué ma tristesse, ma fatigue, elle l’a vu de toutes façons depuis un mois. Je lui ai dis que je l’aimais, que ça allait maintenant. Que normalement il n’y aurait plus d’hôpital. On s’est regardé avec l’homme. On a espéré que ça suffirait pour le moment. J’étais enfin avec eux, mes amours.

Et ce matin, elle a débarqué dans le lit. Avec son oreiller. Et ses fichues tétines dont on a bien du mal à se débarrasser.  Elle s’est glissée comme toujours entre nous. Et elle m’a d’abord fait un gros câlin, a pris ma main pour mettre la sienne dans la mienne. Puis elle s’est tournée vers son père. A pris sa main. Et l’a mise dans la mienne. Puis a posé la sienne sur les deux nôtres. Ça a duré une minute. Mais pendant ce temps, mon cœur battait fort. Spontanément, mon petit bout de femme a reconstruit notre petite famille. En un seul geste. Elle a un peu symboliquement recréé notre lien familial. Tous les trois. Ensemble contre tout.