Je ne te cache pas qu’en ce moment c’est dur. Les crises à répétition de Crevette m’amènent à me remettre en question. J’ai tenté, depuis quelques années, de mettre en pratique ce que j’ai pu lire de l’éducation bienveillante.

  • Se mettre à la hauteur de l’enfant,
  • rester calme en cas de crises,
  • lui faire mettre des mots sur ce qu’elle ressent
  • mettre des mots sur ce qu’on ressent
  • L’écouter, tenter de comprendre le fond, outre la forme
  • lui dire qu’on sait que ça peut être dur pour elle, qu’il faut que ça sorte
  • qu’on est là pour elle, qu’on l’aime.

Mais ça ne marche pas. A part me culpabiliser, me donner l’impression que j’assure pas, que je suis une mauvaise mère. On explique porutant bien les limites. On dit non. On tient. Mais les crises continuent. Et le RDV chez la micro kiné est en Janvier. Je me sens à bout. Physiquement fatiguée. Moralement. Plus de patience. 

Je suis quelqu’un de très sensible. J’essaie de gérer mes émotions, mais ça monte vite. Les cris. Les larmes. Pour ça, clairement, Crevette est comme moi. Elle a compris les mots qui font mouche. Qui font mal. Même si après coup, elle regrette. 

Quand l’homme est là, il prend le relais. Mais même quand il est là, parfois, au fond de moi, il m’est arrivé de vouloir partir. Prendre mon manteau, quitter la maison. Partir un jour, deux. Loin des cris. Loin du stress. Loin de tout.

Je n’ai pas des fantasmes d’abandon de ma famille, comprenons-nous. Mais depuis ma maladie, je fatigue plus vite. Je me suis demandée si au fond, je trainais pas une vague dépression. Pourtant je suis quelqu’un de positif. J’aime la vie. J’aime ma vie.  

Mais des fois, j’avoue, j’ai envie de partir. Juste fuir. Est-ce que ça fait de moi une mauvaise mère. Je ne sais pas. J’imagine que c’est choquant à lire. Dis moi.