Jour J

Ca y'est. Ce matin, à 7h20 j'ai vu mon homme partir au loin. Plus exactement courir pour essayer de prendre le bus 😉 Je chéris cette dernière image qui m'a fait sourire.

Hier j'ai eu une de mes pires journées. Ça a commencé le matin. Les pistons de notre table de salon dont les pistons ont rendu l'âme dans la nuit (c'est une table basse que tu peux monter ou descendre et ouvrir pour en faire une grande table). Il y avait un espèce de liquide gras blanc et mousseux partout sur le tapis. Impossible de la réparer. On a galéré comme des boeufs pour la démonter et la mettre aux encombrants.

J'ai eu une semaine ultra chargée au travail. Stress en plus.

Et hier à midi, j'ai fait tomber mon téléphone. Vitre cassée. J'ai dû courir le soir pour voir ce qui était possible, car sans telephone, seule avec ma poulette, ça va être compliqué !

Je voulais récupérer des billets à la Fnac… je n'ai pas pu les prendre car entre temps, ma carte CB a expiré et la nouvelle ne correspond pas. Bref. Tous ces désagréments qui en temps normal m'auraient juste saoulée et qui là, m'ont fait craquer.

Je me suis retrouvée à pleurer à grosses larmes dans la rue. Je suis rentrée au plus bas. L'homme n'avait pas fait sa valise. Il ne s'y résolvait pas. Ca m'a stressée, je me suis dit que c'était encore ce temps là en moins.

Bref, tout a pris un parfum de drame.

On s'est couchés tard, l'un contre l'autre. J'ai dormi comme une masse. A 6h30 le réveil a sonné. 10 minutes plus tard, Crevette débarquait avec sa mallette de docteur pour soigner Papa avant son voyage.

Je pense qu'on l'a préparée au mieux. Elle a quand-même demandé "Tu vas au travail papa ?"

On a expliqué. San Francisco, c'est loin ma chérie.

Et puis soudain c'est l'heure. Il s'habille. On fait des câlins à Papa. ON a les yeux un peu mouillés en se disant au revoir sur le pallier. Aller tous ensemble à l'aéroport, à 7h du matin, avec une trois ans, on avait exclu le plan. Il me dit "Sois forte". Et on se dit qu'on s'aime. Et il part.

Alors je prends Crevette sous le bras, on ouvre la fenêtre, je le vois courir. Il me montre le bus en nous envoyant un bisou. Crevette crie ; « Tu vas l'avoir papa » Mais il ne l'a pas eu. Et je l'ai vu partir sur le pont, au loin. Mes yeux accrochés à ce petit point mouvant.

Mon mari.

A dans deux mois mon amour.