Il faut que je vous raconte quand même mon premier gros FAIL de maman. J’en ai eu des noeuds au ventre toute la journée…

Tout commence l’an dernier

Depuis Noël dernier, Crevette nous parle régulièrement des enfants qui lui disent à l’école que le Père Noël n’existe pas. Que ce serait les parents qui font les cadeaux. A chaque fois on a botté en touche : « ah bon ? Tu en penses quoi toi ? Tu as envie de croire au Père Noël et à la magie de Noël ? » A chaque fois sa réponse était la même : oui elle y croyait, et oui elle croyait fort en la magie.

Le débat se terminait sur un « Chacun a le droit de croire ou non à la magie de Noel, mais si toi tu le veux, fais le ma chérie » Elle était contente et nous aussi.

Mais cette année c’était différent

Les questions étaient de plus en plus récurrentes. Teintées de : « Vous ne me mentez pas au moins ? »

Avec l’homme, on échangeait des regards culpabilisés. J’ai commencé à me dire qu’à 7 ans, c’était surement le dernier Noël où elle y croirait. Et puis on a fait la lettre au Père Noël. J’ai bien senti qu’elle était pas dedans à fond. Pour tout te dire, c’est moi qui ai écrit (bon elle dictait). Sur l’enveloppe elle voulait pas “gâcher” un autocollant.

J’ai tenté un : « lui te gâte beaucoup et toi tu ne veux pas lui mettre un seul autocollant pour décorer l’enveloppe ? » Elle m’a regardé hyper blasée.

Cette fois c’était sûr, elle était mûre pour le grand secret

Et la semaine dernière, elle m’a une énième fois poser THE question. Avec l’homme on s’est dit , que c’était foutu. On lui a parlé ensemble. Sur le mode : « Ecoute, oui, c’est vrai, c’est les parents. La famille qui t’aime et qui veut te gâter. » 

Sauf qu’en fait, non elle était pas mûre du tout. Tout ce qu’elle voulait, c’est qu’on la rassure encore et encore. Elle s’est mise à pleurer. Bref, méga cata. En plus on a super bien choisi notre timing : le matin avant de partir à l’école ! Elle s’est cachée dans l’armoire en hurlant qu’on devait sortir de la chambre. Bref, vla pour la calmer. L’homme a tenté un retrait subtil du genre ; « mais on dit ca mais en fait on est pas sûrs qu’il existe pas » Tssss

C’était dit. Il fallait assumer. Elle est parti à l’école en faisant la tête.

Et puis… après

Toute la journée, j’ai culpabilisé. J’en ai même pleuré. J’étais dans mon propre mélodrame sur fond de ” J’ai gâché les rêves de ma filllllle » En plus j’en ai parlé sur instagram et tous les mp que je recevais c’était genre ” ah oui, merde, là pas terrible”. #sic

Le soir, j’en menais pas large en allant la chercher. Elle est sortie, très sérieuse. Elle est venue m’a pris la main et m’a dit : « Maman je te pardonne. » Je te raconte pas comment le poids est parti de ma poitrine.

J’ai demandé : « Tu veux qu’on en parle, ou qu’on fasse comme si on avait rien dit ? »
Elle a réfléchi une minute et m’a dit : « On fait comme si on n’avait rien dit. »

Et croyez-le ou pas, c’est comme si cela n’avait jamais été dit. J’étais sceptique au départ, mais elle a fait le choix volontaire d’y croire, quoi qu’on en dise. Et finalement, c’est aussi ça la magie de Noël : leur féroce envie de croire.