
J’ai testé une séance en caisson d’isolation sensoriel
Pour Noël, à la sempiternelle question de mon mari « Tu aurais envie de quoi à Noël » j’ai répondu : une séance en caisson sensoriel. Évidemment, après la phase gros yeux de l’homme ( je l’imaginais déjà se dire in peto : mais qu’est-ce que c’est encore que ce truc), je lui ai expliqué ce que c’était. A vrai dire, ça fait un moment que ça me tentait, mais ce n’est pas le genre de truc que je pense à me payer, alors l’occasion de tester était trop belle. D’autant que je venais de découvrir qu’il y avait à Tours un lieu dédié à la pratique. Allez hop je te raconte.
Le caisson d’isolation sensoriel, c’est quoi ?
Appelé aussi caisson de flottaison ou caisson de privation sensorielle, le cocon ressemble en gros à un œuf, dans lequel tu vas passer une heure. À l’intérieur, tu t’allonges dans une eau d’Epsom salée à la température du corps, qui te porte et te fait flotter (aucun risque de se noyer). Tu es isolé de tout stimulus et de toute sensation extérieure, comme en apesanteur, sans aucun point de pression.
Tu peux vivre l’expérience dans le noir, ou avec des lumières colorées. Et tu peux choisir le silence, pour te reconnecter pleinement à toi, ton corps, tes sensations, ou en musique si le silence te stresse. Côté bienfaits, on parle de détente musculaire et mentale, de diminution du stress, des douleurs articulaires. De reconnexion à soi.
L’intérêt de cette méthode est de te déconnecter avec le monde extérieur le temps de la séance. De se relaxer, se recentrer.
Mon expérience en caisson sensoriel
Je suis donc arrivée 15 minutes avant mon rendez-vous chez En Apesanteur*. La propriétaire m’a fait regarder une vidéo d’explication (j’ai bien aimé ça, car j’ai une mémoire visuelle, ça m’a rassurée) de comment allait se dérouler la séance. Elle m’a expliqué que je pouvais choisir la formule 5 min de musique – 45 min de silence – puis à nouveau la musique avant la fin pour vivre pleinement la privation sensorielle, ou avoir la musique tout le long. J’ai opté pour la 1ʳᵉ option. Autant vivre l’expérience comme elle a été pensé par les pros.




Après un passage aux toilettes, Coralie m’a amenée à la salle. Durant la séance, tu es seul dans la cabine – personne n’entre : il y a une douche, un lavabo et le caisson. L’idéal est, selon Coralie, de faire la séance nue. Mais personnellement, cela ne me tentait pas. J’avais amené un bas de maillot de bain pour être plus à l’aise. Elle a pris encore deux minutes pour me montrer le bouton d’alerte au cas où j’ai un problème ou une question (par exemple, rallumer la musique si je trouvais le temps trop long). Elle m’a conseillé de mettre des bouchons d’oreille pour éviter les dépôts de sel. Puis m’a laissée.




J’ai donc pris ma douche et suis entrée dans le caisson. La porte est sur vérin hydraulique, donc tu peux l’ouvrir et la fermer de l’intérieur comme bon te semble. Ce que j’ai testé rapidement puisque évidemment, j’avais oublié les bouchons d’oreille. Hum. À noter : pour ceux qui préfèrent, tu peux même faire la séance porte ouverte, mais ça favorise les courants d’air et gâche un peu, j’imagine, la sensation de cocon.
Une fois dans l’eau, j’ai été assez surprise de la portance de celle-ci. J’avais du mal à m’asseoir. Pour faire court à gauche, tu as un bouton qui permet de régler la lumière : c’est réglé par défaut sur un défilement de couleurs. SI tu appuies une fois, ça s’arrête sur une couleur. Deux fois, tu te retrouves dans le noir. Il suffit alors de rappuyer une fois pour rallumer les lumières. Et à droite, le bouton d’appel.
Dans le caisson, trois accessoires :
- Un spray d’eau douce, au cas où tu aies de l’eau salée dans les yeux ou la bouche. Testé, évidemment, car je me suis frotté machinalement l’œil (sans commentaire).
- Une frite de piscine si tu n’es pas à l’aise en mode planche.
- Un petit « coussin » spécial pour mettre sous la tête pour être plus confortable (ou pour ceux qui ont peur de s’endormir et de couler, mais selon Coralie, avec le sel et le magnésium, tu peux dormir sans crainte).
Ensuite place à la séance. Je suis très à l’aise en position planche, j’adore ça, donc je me suis rapidement détendue. Là où j’ai fait ma séance, tu peux choisir ta musique parmi une liste d’une vingtaine de titres : pluie qui tombe, chants des baleines, etc. J’ai opté pour les bols tibétains, j’aime bien en écouter dans certaines méditations, donc je me suis mise rapidement dans l’ambiance relaxation. La sensation de l’eau d’Epsom est très particulière sur le corps qui devient comme glissant. Une fois que la musique s’est tue, j’ai fermé les yeux, j’ai profité. Une heure, c’est à la fois long et court. Parce que dans le cocon, tu perds toute notion du temps.
J’ai d’abord passé un long moment à ne rien faire. Ne rien penser. Juste me laisser porter.
Puis j’ai testé toutes les couleurs de lumière.
J’ai testé aussi le noir. J’ai rapidement eu des images flippantes qui me sont venues, je ne sais pas pourquoi alors, j’ai rallumé.
J’ai retesté les couleurs.
Après, je me suis amusée à me pousser d’un côté à l’autre du caisson via des petites impulsions. En haut. En bas. À droite. À gauche. Le caisson n’était pas hyper grand, on touche tout de suite les bords, mais ça m’a occupée un moment. Je trouvais ça zen.
Après, comme j’étais frustrée de mon échec de privation sensorielle à 100%, j’ai réessayé le noir. Mais non, clairement, ce n’était pas ma zone de confort.
Et puis, j’ai commencé à trouver le temps long. Je pense que 45 min m’aurait amplement suffi. Au moment où je commençais à me dire : tiens, si je sortais ? La musique a repris, m’annonçant la fin imminente. J’ai ouvert, j’ai repris une douche (et lavé mes cheveux, c’est conseillé à cause du magnésium et du sel) pendant que le caisson se mettait en mode filtrage.

J’avais chaud, comme si je sortais d’une séance de sauna. En retournant à l’accueil, on m’a proposé une boisson le temps de me poser et de me remettre dans le rythme, j’ai accepté. Je me sentais pourtant très énergisée. Coralie m’a expliquée qu’en général les gens sont un peu claqués en sortant. Le contre coup est venu quand je suis rentrée chez moi. J’ai d’ailleurs très bien dormi cette nuit-là.
Est-ce que je le referai ? Je ne suis pas sûre, parce que c’était plus quelque chose que j’avais envie de tester au moins une fois. J’ai vraiment apprécié ce moment pour moi, d’ailleurs, dans le caisson, je me suis dit que je devrais à partir de maintenant me réserver un moment pour moi chaque mois, quel qu’il soit. Mais en même temps, je ne me suis pas dit : C’est génial, j’adore, je veux le refaire.
Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment apprécié cette expérience hors du temps, et je sais me connaissant qu’il est possible que j’y retourne un jour 😉
Tu connaissais le caisson de privation sensoriel ? Ça te tente ?
* En Apesanteur, 19 Rue de la Grosse Borne 37540 Saint-Cyr sur Loire – 06 09 04 48 20 – coralie@en-apesanteur.fr

