Si je n’avais vu le soleil : le drama taïwanais qui va te hanter longtemps
Il y a des séries que l’on regarde pour se détendre. Et puis il y a celles qui nous attrapent, nous mettent mal à l’aise, nous bouleversent et restent dans un coin de la tête bien après le générique. Si je n’avais vu le soleil appartient clairement à la deuxième catégorie. Ce drama taïwanais disponible sur Netflix est à la fois un thriller psychologique et une histoire d’amour, mais attention : ce n’est absolument pas une romance légère à regarder tranquillement sous un plaid. La série est sombre et aborde des sujets particulièrement difficiles. Elle parle notamment de violence, d’abus sexuels, de traumatismes psychologiques et de leurs conséquences. Elle est donc à réserver à un public averti, à partir de 16 ans. Mais si tu es prêt à t’accrocher, tu risques de découvrir une série particulièrement ambitieuse, aussi douloureuse que fascinante.
Une histoire d’amour au cœur des ténèbres

Tout commence avec Li Jen-Yao, 25 ans, qui se rend à la police et avoue être le fameux « Tueur de l’orage ». En prison, il accepte de se confier à une documentariste. Peu à peu, son récit fait apparaître les fragments d’un passé douloureux et notamment son histoire avec son premier amour, Chiang Hsiao Tung.
À travers leur trajectoire, la série raconte finalement bien davantage qu’une enquête criminelle. Elle parle de destruction, de survie, de culpabilité et de sacrifices. Et surtout d’un amour qui tente d’exister malgré des événements capables de tout anéantir.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est que la série ne nous donne pas immédiatement toutes les clés. Les scénaristes sèment des détails dès le début : un objet, un regard, un silence, une image… Des petits éléments qui semblent parfois anodins avant de prendre un tout autre sens plusieurs épisodes plus tard. Il faut donc être attentif. Et surtout, accepter de ne pas tout comprendre immédiatement.
Une série sombre… mais incroyablement poétique

Oui, Si je n’avais vu le soleil est dure. Parfois même franchement éprouvante. Certaines scènes peuvent être difficiles à regarder et les thèmes abordés ne sont jamais anodins. Et pourtant, la série possède une vraie beauté visuelle.
Les images sont extrêmement travaillées et la mise en scène participe pleinement au récit. Les génériques des deux parties sont d’ailleurs particulièrement symboliques. Dans le premier, une danseuse se brise en morceaux tandis que Jen-Yao semble se vider de ses larmes comme on se vide de son sang. Dans le second, on entrevoit la possibilité d’une reconstruction.
Rien n’est vraiment effacé. Mais quelque chose peut peut-être se recomposer. C’est assez représentatif de la série : même lorsqu’elle explore les endroits les plus sombres de ses personnages, elle laisse toujours une petite place à l’idée de réparation.
Des personnages et des interprétations qui marquent

La série joue également beaucoup sur la psychologie de Chiang Hsiao Tung. Je ne t’en dis pas plus pour ne pas dévoiler l’intrigue.
Et puis il y a Tseng Jing-hua, qui porte une grande partie de la série sur ses épaules. Son interprétation de Jen-Yao est particulièrement impressionnante. Il doit faire cohabiter des choses qui semblent impossibles à réunir : la froideur du tueur et une profonde fragilité, la violence et la douceur, la culpabilité et l’amour. Son regard joue énormément. Il peut être inquiétant une seconde et profondément bouleversant la suivante. C’est précisément cette ambiguïté qui rend le personnage aussi fascinant.
Le reste du casting est également très solide, notamment Alice Ko et Lyan Cheng.
Une intrigue qui demande de s’accrocher
Je préfère te prévenir : Si je n’avais vu le soleil n’est pas une série que je conseillerais de regarder distraitement en faisant autre chose. L’intrigue est dense, intense et construite autour de révélations qui arrivent progressivement. Certains twists sont franchement ébouriffants et peuvent complètement changer la manière dont tu regardes les épisodes précédents.
La série demande donc un peu d’investissement. Il faut accepter de suivre ses personnages dans leurs zones d’ombre, de remettre certaines choses en question et de patienter avant d’obtenir les réponses.
Mais c’est justement ce qui rend l’expérience aussi prenante.
Alors, faut-il regarder Si je n’avais vu le soleil ?

Oui… si tu es prêt pour une série vraiment sombre.
Si tu recherches une romance feel-good, passe ton chemin : tu risques de te demander assez rapidement ce que tu es venu faire ici. En revanche, si tu aimes les thrillers psychologiques, les histoires complexes, les personnages ambigus et les séries qui mélangent mystère, émotions et poésie, Si je n’avais vu le soleil mérite clairement une place dans ta liste.
C’est une histoire de violence et de traumatismes, mais aussi d’amour, de survie et de sacrifices. Une série qui fait mal, qui intrigue, qui surprend et qui laisse une impression durable.
À voir, donc, mais pas sans savoir dans quoi tu mets les pieds.
Si je n’avais vu le soleil (2025) 2 parties de 10 épisodes à voir sur Neflix, avec Tseng Jing-hua (Li Jen-yao), Moon Lee (Lǐ Mù) (Chiang Hsiao-tung), Lyan Cheng, Alice Ko, Chiang Chi (Chou Pin-yu)


