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Mercredi dernier, fin de journée. Y’a comme un truc qui me fait sentir que l’accouchement va bientôt arriver. L’homme part tranquillement à son cours de sport, je me pose devant la télé, un reportage sur les maternités (comme de par hasard 😉

 

21h30.  Je me demande si les cris de bébé du reportage ne me font pas faire un faux travail. J’ai l’impression de ressentir pour la première fois une vraie contraction. Pour être sûre, je dégaine mon application BabyBump pour compter les contractions. 

 

22H15. L’homme rentre, fatigué de son cours. Je lui annonce que si “ce n’est pas pour ce soir, ca sera demain”. Il lève un sourcil, et lance un “Je vais quand même pouvoir dormir avant ?” Ah les hommes 🙂 

 

23h. Au lit en pyjama (pour faire plaisir à l’homme), je tente moi aussi de dormir un peu. Mais les contractions deviennent plus fortes, je ne peux pas rester allongée. J’ai compris. C’est sûr la crevette arrive. L’homme me lance un “Beuh tu te leves ?…  Tu te rhabilles ???” Amusée, je lui explique que cette fois c’est sûr. Même si je n’ai pas perdu la poche des eaux. Je tente de le rassurer : “Essaie de te reposer au max, quand il faut y aller, je te dis” La bonne blague.

Je finis ma valise, bien accroupie comme on m’a conseillée, et commence à affronter les vraies contractions, celles qui te clouent le bec. Je tente plusieures positions jusqu’à ce qu’aucune ne me calme vraiment. Un oeil sur l’application : je vois qu’elles sont de plus en plus fréquentes. C’est maintenant. Il est 00h20, l’homme se relève un peu dépité d’abréger une nuit même pas commencée, s’habille. On est pas rassurés, mais on sait qu’il n’y a plus le choix. Il faut y aller et affronter cette nouvelle étape qui nous flippe un peu : l’accouchement.

 

00h35. On a décidé d’aller à pied à l’hôpital. Là j’imagine votre tête 🙂 Mais on n’est à 15 min max à pieds, on se dit : “le temps que le taxi arrive, on sera déjà à l’hôpital.” Quand on avait prévu ça, on n’avait pas pris en compte le facteur “contractions”. On fait à peine 100 mètres, que je suis déjà appuyée contre une barrière pour en gérer une. L’homme me frotte le bas du dos comme il l’a appris en cours de préparation. Chou. Moi, je commence à comprendre confusément que ça ne va pas être si facile d’y aller. A ce moment-là, on passe devant l’arrêt de bus. Il est 00h45, on se retourne la bus arrive ! Si j’ai pas d’ange-gardien qui veille sur moi, j’ai vraiment une chance de ouf. On chope donc le bus pour aller accoucher 😉 

 

01h. On arrive devant l’hôpital. Les contractions sont de plus en plus vives, mais gérables. Je douille quand même.On n’arrive pas à imaginer avant de le vivre. Je mets en pratique mes respirations yoga (tu parles !). Je suis ravie d’apercevoir enfin l’hôpital. Sauf que c’est la première fois que j’arrive en pleine nuit. On passe devant l’entrée des urgences classiques, et on va à la porte principale : close. Je me souviens qu’il y a une entrée Urgences Maternité un peu plus loin. (contraction) On s’y rend. “Pour véhicules seulement”. L’homme un peu stressé me dit “on aurait dû entrer aux urgences générales”. Demi-tour (contraction). A l’accueil, ils nous disent : “mais non vous devez aller à l’entrée principale”. (contraction) Là je commence à avoir envie de tuer quelqu’un. Demi-tour. Entrée principale. (contraction) On finit par dénicher un interphone. 

L’homme : “Ma femme accouche !” BIIIIP “poussez la porte”. On vient de perdre presque 20 minutes a essayer d’entrer à l’hôpital. On est mi-morts de rire, mi-affligés. A l’entrée maternité, un infirmier nous accueille avec de bonnes vannes qui, en temps normal, m’auraient fait rire. Pas là. Je ne veux qu’une chose, qu’on me monte à la salle d’accouchement. On me prend la tension, j’ai droit au test d’urine et quand la sage femme voit l’intensité de mes contractions, on me monte rapidement à l’étage. Là, c’est le tour de l’examen en salle de pré-accouchement. Mon col est déjà ouvert à 4. Je passe directement en salle d’accouchement. Joie.

 

01h30. Toutes mes bonnes résolutions, notre projet de naissance et ce qu’on s’était dit vole en éclat. On n’est plus dans la projection de l’évenèment : on le vit. A la question “vous voulez une péridurale ?” j’ai lancé un “Oui” franc et fort. Et j’ai tout suivi la procédure comme ils m’ont dit de le faire et tout oublier le reste. Et je ne le regrette pas. Je ne me suis pas shootée à l’anesthésie, car je voulais quand même sentir mon accouchement (ce qui a un peu énervé la sage-femme : “si on vous met une péridurale, ce n’est pas pour que vous souffriez !” mais ça, je m’en fiche ! c’est MON accouchement). L’homme est là, il assure, calme (en apparence), il me coache “là tu retiens ta respiration attention”. On trouve même le temps de faire des photos à la con dans la salle… on ne change pas sa nature !

Et puis contrairement à tout ce qu’on m’avait dit, la péridurale n’a pas ralenti le travail. A raison de deux centimètres d’ouverture de mon col par heure, puis une heure d’attente pour commencer la poussée, puis 30 min de poussée (là où tu apprends qu’en fait ton bassin est plus étroit qu’on croyait et que du coup, la puce a du mal à descendre – gloups), d’encouragements sauvages de la sage-femme transformée en entraineur pour les jeux olympiques “Vous faites un super travail, c’est magnifique, c’est exactement ça, vous assurez”. J’ai comme l’impression que je ne suis pas la seule à entendre ce discours, mais je me sens comme une vraie championne , confiante, avec mes belles respirations : je suis la reine du monde.

 

06h34. Premier cri de la crevette. Premiers contacts. Emotion. L’homme et moi nous regardons : on a réussi, nous sommes parents. 

 

Conseil du jour : Penses à demander où entrer à la maternité si tu accouches de nuit 😉 et prépare bien ton homme pour qu’il soit aussi zen que le mien. Et puis écoute-toi. C’est ton jour. Celui où tu deviens maman.